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 (arastor), say something.

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MessageSujet: (arastor), say something.   Ven 22 Déc - 17:15


(arastor #1 – never let your gard down. you expect the battle to be fair. a battle will never be fair.), take my mind and take my pain, like an empty bottle takes the rain. and heal, heal, heal, heal. and take my past and take my sense like an empty sail takes the wind. and heal, heal, heal, heal. and tell me somethings last. tom odell, heal.

Elle aurait dû s'en douter.

Lorsque sa mère avait envoyé les invitations pour le gala de Noël, en précisant qu'Alastor Rosier et épouse étaient invités, Ariane aurait dû exiger être effacée de l'équation. Letha Greengrass, forte d'une conviction flamboyante qui lui est propre, lui a toutefois assuré que les Rosier refuseraient – mais que sa politesse serait grandement appréciée. Dubitative, Ariane avait accepté comme à son habitude les explications alambiquées de sa génitrice et avait simplement oublié. Elle s'y était efforcée, vraiment, sans réellement y parvenir.

Ce soir-là, campée sur des talons hauts, son corps dardé de soie noir, elle conduit les invités jusqu'au salon où se déroulent les festivités. Mais son esprit est ailleurs – et ses yeux zieutent et s'attardent sur la porte d'entrée, d'où elle s'attend à voir Alastor Rosier surgir à tout moment. Et peut-être en serait-elle heureuse ; et peut-être en serait-elle comblée. Mais son cœur, elle le sent, est sur le point de se briser de nouveau. Peu importe l'issue de cette invitation, qu'elle soit acceptée ou non, la peine écorchera très certainement ses douces espérances. Ariane se sent fébrile, comme à l'époque où elle essayait vainement de tomber enceinte, comme à l'époque où tout semblait encore tenir debout – sans s'apercevoir que sa propre vie chancelait. Depuis, elle a fait le deuil de ses enfants qui n'existeront jamais, sans pouvoir relâcher sa première et seule union. Alastor, elle l'a aimé. Elle aurait pu en crever ; ses sentiments n'entraient cependant pas en compte dans ce désir pernicieux qu'était celui d'agrandir la lignée des Rosier. Elle était la pièce défectueuse de l'échiquier. Un mal pour un bien, lui a-t-on assuré, mais elle n'a jamais été capable de voir le bon dans l'annulation de son mariage.

Plus le temps passe, plus Ariane se prend à l'ambiance festive qui hante les lieux de son enfance. Elle s'amuse, étourdie par le liquide ambré qui éclabousse les parois de son verre, parle sans se soucier de cette anxiété latente qui attend pour frapper. Puis, elle voit le visage de sa mère frémir imperceptiblement. Il ne lui en faut pas plus pour lever le nez vers l'entrée, sa colonne vertébrale vrillée d'un frisson d'angoisse qu'elle n'est plus en mesure de faire taire.

Des années. Des années pour s'habituer à la peine, pour s'y accommoder et se prendre à un jeu d'apparences où Ariane se perd. Mais à le voir là, son cœur n'y tient plus. Il palpite, tressaute, accélère. Il la fatigue. Il lui fait mal. Ses souvenirs ne sont plus aussi clairs, plus aussi heureux, mais ils sont là quelque part. Ils existent et traînent en elle, remontent à la surface, appellent à la douleur et aux tergiversions. Pendant des années, avant le remariage d'Alastor et la naissance de son fils deux ans plus tôt, Ariane avait espéré avoir compté. Un peu, pas beaucoup. Elle s'était efforcée de comprendre l'annulation de leur mariage ; un effort dont elle avait retiré un réconfort imagé, sans doute beaucoup trop optimiste pour la situation. Entre ses doigts, elle n'a toutefois plus rien auquel se raccrocher. C'est vide, ça sonne creux. Ça lui fait l'effet d'avoir été bernée, alors que la déception devrait être lointaine, presque relative. Les bras rigides, soudés à son corps, elle le voit. Le regarde. Sait qu'il la voit aussi. Lèvres retroussées en un demi-sourire de circonstance, Ariane hoche simplement la tête en un signe de salut, déjà exténuée par cet acte normal de bienséance, et tourne les talons. Ça lui fait mal. Elle suffoque ici. Trop de gens. Trop de conversations. Trop de bruit. Et lui ; elle le maudit pour son absence, mais ne peut pas se résoudre à le revoir, surtout en compagnie de sa femme. Une formule soudée au sein de laquelle elle n'a guère sa place, en somme, comme si elle s'était attendue à une autre révélation.

Ariane claque le cul de son verre sur une petite table en bois, avant de s'éclipser en dehors du salon, se réfugiant dans un couloir tapissé par de nombreux tableaux vides, leurs occupants ayant visiblement mieux à faire que de veiller sur les habitants de la maisonnée. Elle s'en fiche, elle ne veut pas y retourner – elle n'a pas le courage d'y remettre les pieds, et affronter l'idéal d'un couple heureux et épanoui. Chose qu'elle n'a plus et qu'elle n'a très certainement jamais eu. Elle frotte vigoureusement ses joues de ses paumes fraîches, essaie de reprendre un minimum de contenance, calcule ses chances de ressortir de cette soirée indemne. En désespoir de cause, Ariane se laisse glisser le long du mur, s'assoit sur le sol et attend que la mort, décuplée par la mort, la frappe de son éclair impérieux. Front posé sur ses genoux élevés, elle l'imagine s'amuser comme il se doit derrière ce foutu mur. Cette vision lui arrache un second frisson désagréable, prise au piège dans la maison de ses propres parents, poussée au vice par le fantôme d'un mari parti auprès d'une autre.

Ariane ne sait pas combien de temps elle reste là, contractant tous les efforts du monde pour ne pas sombrer, mais lorsqu'elle relève la tête, Alastor est là. Ses yeux s'agrandissent sous le choc. Sa mâchoire inférieure tombe légèrement. « Al ? » ce murmure n'est rien de plus que la manivelle qui la ramène sur la terre ferme ; le son de sa propre voix lui fait dire qu'elle ne rêve pas, mais cette constatation lui déplaît. Du regard, elle cherche l'épouse tant redoutée. Elle se relève précipitamment, les pommettes rouges de confusion et de colère ; il n'aurait jamais dû la voir comme ça. « T-tout va bien ? » elle désespère, se giflerait volontiers si elle s'en donne la possibilité.
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