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 raise a little hell. (ariane)

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› âge : tu t'effrites telle une rose fanée. 32 pétales déjà et autant d'épines, une âme qui se tord sous l'âge adulte, des sillons sur tes joues de princesse.
MessageSujet: raise a little hell. (ariane)   Sam 30 Déc - 19:52


(raise a little hell), all of these minutes passing, sick of feeling used. If you wanna break these walls down, you're gonna get bruised. Now my neck is open wide, begging for a fist around it. Already choking on my pride, so there's no use crying about it.

Le talon martèle le sol, traduisant ton agacement certain, tu ne prends guère la peine de le dissimuler la moue renfrognée et le regard rivé sur ton martini, tu touilles ton olive dans le liquide cristallin depuis une bonne dizaine de minutes tandis que le barman t’observe sans un mot. Tu sens qu’il meurt d’envie de te demander s’il y a un « problème » avec ta boisson mais l’expression austère que t'affiches le sourcil arqué suffit à le dissuader de toute approche. De ta main libre tu chiffonnes la note laissée à ton attention et la fourres dans ton sac avec humeur, missive de ton tendre époux t’annonçant qu’il te fera faux bond pour votre déjeuner quotidien. Tu n’en es que peu surprise, simplement irritée d’avoir appris son absence si tard, tu l’aurais su à temps tu serais partie manger ailleurs, tu ne viens ici que parce qu’il en apprécie le menu, t’as la déco en horreur. Néanmoins tu ne lui feras pas le plaisir d’un scandale, ravalant ton aigreur tu rentreras ce soir coulée d'un mutisme parfait et ne relèveras pas l’incident, ces déjeuners sont en somme comme tout le reste, un rideau de fumée pour camoufler le vide intersidérale de votre couple. Combler les trous avec des discussions de circonstances, utiles mais creuses. Non, il faut que tu te montres docile et ne révèles rien de tes tempêtes intérieures. Garder un visage de cire et de belles manières pour tromper ton monde et te nimber de mystère. Tu n'es pas la première femme abandonnée du XXIè siècle. Vous êtes des tas. Et vous survivez, et même vous survivez très bien. Les débuts sont difficiles, c'est vrai, mais après, la solitude devient une douce compagne. Toi, parfois, il te vient l'envie de te cuisiner des petits dîners à la chandelle, rien que pour toi et toi... Tu te moques d’être vue en public seule à ta table, sans un bouquin ou une occupation pour ne pas avoir l’air de ces autres, plantées à attendre ce rendez-vous qui ne viendra pas. Tu te mets à habiter l’air et le silence, appréciant ce petit goût de liberté qui s’envole aussitôt le regard porté sur l’alliance à ton doigt. Bijoux-menotte qui te fait l’effet de peser onze tonnes, pourtant, le diamant n’est pas si géant.

Sirotant du bout des lèvres ta liqueur, tu profites des rayons solaires se reflétant sur les glaces autour du patio, un début d’après-midi presque idéal pour une Londres souvent noyée sous les eaux. Tu tentes de profiter du chant des tourterelles en fond sonore mais ta mélodie naturelle est perturbée par les piaillements incessants de tes voisines. Ne pouvant faire abstraction de leur présence plus longtemps ton oreille se fait plus attentive, discrètement tu te mets à écouter la conversation des deux jeunes femmes qui parlent, sans grande surprise, des hommes. Tu n’es pas déçue. L'une venait de rompre à quatorze heures de l'après-midi avec son compagnon et, à dix-sept heures, elle couchait avec l'ami de sa sœur. Elle sortait d'une histoire d'amour qui avait duré trois ans, avait le sentiment d'avoir été flouée et voulait prendre sa revanche ! Les bretelles de sa robe légère tombent sur ses épaules, laissant entrevoir un décolleté rond et doré. Elle réclame de l'homme, de la chair fraîche, du plaisir immédiat. Avec une telle crudité que t’en es presque gênée. Et, en même temps, tu n'oublies pas, t’as été comme elle, t’as parlé comme elle, t’as sauté dans des lits à peine refaits comme elle. T’en viens à te demander ce que vous ont fait les hommes, pour que vous ayez si fort envie de les blesser ? De vous venger ? De vous comporter comme eux ? Vous êtes toutes devenues des marquises de Merteuil... C'est triste.

Lassée de leurs bavardages tu quittes le bar pour te diriger vers l’hôtesse et réclamer ta table, inutile d’attendre plus longtemps le fantôme qui te sert de mari. Tu ne peux cependant t’empêcher de remarquer le nom qui se détache des calligraphies ordinaires, patronyme familier qui pique ton regard sans qu’un visage se dessine pour l’accompagner. Une réservation au nom d’Ariane Greengrass cochée pile devant ton nez, tu soupçonnes de ne l’avoir manqué que de quelques minutes, vérifiant le numéro de sa table d’un coup d’œil curieux tu laisses tes pas suivre l’hôtesse jusqu’à la tienne, ton corps se meut mais ton esprit lui est ailleurs, à la recherche de cette silhouette particulière. A peine ton fessier positionné sur le velours bleu roi tu repères la jeune femme à quelques nappes de toi, un serveur te la cache honteusement, tu meurs d’envie de lui siffler de s'ôter de ta vue. Ta demande silencieuse entendue il dégage du champ et tu la vois, enfin, l’obsession d’un mètre soixante-dix-huit de ton époux, elle est là les yeux rivés sur la carte des vins. Des jambes comme deux rubans, une taille si fine, des yeux tels deux onyx, immenses et profonds, des pommettes haut placées qui creusent les joues, un teint parfait. Une beauté ravageuse qui ne satisfait en rien ta curiosité, enflammant encore plus ton désir d’en savoir plus à son propos, cette étrangère qui semble être incontestablement le troisième rouage de ton couple. Fantôme de votre foyer elle erre dans chaque pièce sans en avoir conscience, sa présence est partout, des photos cachées entre les reliures des livres aux songes embrumés d’Alastor. Tu ne parviens à détourner le regard, la toisant avec insistance comme s’il te suffisait de la détailler pour la décrypter, comprendre leur histoire, à elle et lui.. Saisir toute sa complexité. T’as toujours pensé que la vie des autres était un champ d’observation infini où les détails engrangés te permettaient d’avancer en toi-même comme dans une enquête criminelle. C’est vrai, on ne s’ennuie jamais à contempler l’heur ou le malheur d’autrui tant il vous renseigne plus efficacement que n’importe quel docteur de l’âme sur vos propres désordres. Tant il est vrai aussi que ce qui te saute aux yeux, t’irrite ou te tord les entrailles est le reflet exact de tes propres manques, défauts ou souffrances que tu t’obstines à nier, à mettre de côté. Planquée derrière ton menu tu te demandes si elle attend quelqu’un, ou si elle s’apprête à déjeuner seule tout comme toi. T’as guère le temps de plus creuser la question, une voix familière t’interpellant haut et fort à travers les tables, trop fort à ton goût « Mais qui vois-je.. Prudence Rosier ! » tu fais volte-face vers ton interlocutrice, constatant à ton grand désarroi qu’il s’agit de cette insupportable Mrs. Chatterton, votre fouine de voisine qui n’a de cesse de vous inviter à ses réceptions, ces mêmes que vous vous efforcez de sauter, à chaque fois. Tu seras bientôt à cours d’excuse si elle s’obstine à ne pas comprendre le message derrière votre artificieuse courtoisie. Tandis qu’elle te tient la jambe avec les derniers ragots du quartier tu t’autorises à regarder derrière ton épaule et réalises qu’Ariane Greengrass a soudainement disparu.

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MessageSujet: Re: raise a little hell. (ariane)   Mer 3 Jan - 13:08


(prudiane #1), hold your glass up, hold it in. never betray the way you've always known it is, one day I'll be wondering how, I got so old just wondering how, I never got cold wearing nothing in the snow. this is way beyond my remote concern of being condescending, all these squawking birds won't quit. building nothing, laying bricks. caring is creepy, the shins.

Absorbée par la contemplation de la carte des vins, Ariane ne relève le nez des lignes noircies qu'au moment où Prudence Rosier se fait interpeller. Aussitôt son estomac se darde d'un poids désagréable où tout se mêle et s'entremêle en une danse écœurante. Sa mâchoire inférieure s'affaisse légèrement, tandis que ses prunelles commencent à chercher la douce échappatoire qui la tirera d'affaire. Mais la sortie est loin, et Rosier s'immisce entre elle et la liberté tant désirée. L'envie est d'abord grande, puis arbore des reliefs dangereux, pernicieux. Terribles, en un sens. Terribles, car Ariane Greengrass a toujours évité – ou fui, dans le pire des cas – la nouvelle femme d'Alastor, se contentant d'observer leur bonheur commun de loin, d'un œil craintif, terreur mêlée de curiosité néfaste. Elle ne connaît pas le son de sa voix, ni l'arôme de son parfum. Elle la voit pourtant comme Alastor pourrait la percevoir ; et par Merlin, quelle beauté. Même si Ariane se détache de cette image fantasmée, soutirée de force à son ex-mari, elle a comme un souffle au cœur. Il y a ce sentiment d'infériorité qui retape dans l'mille, pile là où il faut, pile là où ça fait mal. Alerte, Ariane se mord la lèvre inférieure à s'en faire grimacer de douleur – puis une idée, la plus étrange qu'elle ait eu jusqu'à présent, fait surface.

Ses doigts fins s'emparent de son sac noir, qu'elle cale sous son bras et elle se laisse tomber à quatre pattes, se faufilant entre les pieds de tables et de chaises. Haletante, la sorcière imagine déjà l'image de son fessier faire la une de la Gazette du Sorcier ; non pas par le biais d'une quelconque notoriété, mais grâce à l'absurdité de son geste. Ils peuvent tous la voir se traîner dans la poussière, elle n'en a cure, tant que Prudence n'a pas connaissance de sa présence en ce lieu. Elle peut se ridiculiser ; après tout, elle en a vu d'autres. Croiser le regard de Rosier pourrait toutefois la faire frémir, faillir dans son bon raisonnement. Elle veut se préserver, car aligner l'idée qu'elle se fait de sa rivale avec la réalité lui détruirait certainement le cœur. Elle sait qui est Prudence Rosier ; ça lui suffit amplement. C'est le raisonnement auquel Ariane s'accroche avec la ferveur du désespoir, s'élançant prudemment vers la sortie, ce Saint-Graal composé d'un battant de bois et d'une simple poignée. Elle circule à contre-courant, se glisse sous une table où il n'y a aucun occupant et s'y repose le temps de quelques brèves secondes. Son cœur martèle sa poitrine, palpitant affolé par une confrontation qui n'a pas même eu le temps d'exister. Glissant la anse de son sac entre ses dents serrées, Ariane se prépare. Elle imagine une foule l'encourager. Elle s'imagine raconter cette histoire à sa sœur cadette qui, malgré ses jurons, n'hésitera pas à lâcher un petit rire. Ariane, elle est en train d'faire l'histoire ; c'est ce qu'elle se dit pour ne pas se dégonfler. Si proche du but, si proche du froid polaire tellement salvateur. Merde, mon manteau... son gros vêtement noir, oublié sur le dossier de sa chaise. Tant pis. Elle peut s'en passer.

Encouragée par des admirateurs chimériques, Ariane s'élance enfin, tête baissée comme un taureau sur le point de charger. Elle n'a pas le temps de faire un mètre qu'elle heurte un serveur de plein fouet.

La sorcière glapit et se redresse, mains plaquées sur son front. Elle écarte ses doigts et, effarée, observe le désastre alors qu'il se produit. Le pauvre gars perd l'équilibre, et lâche son plateau fait d'argent. La soupe écarlate vacille et éclabousse le corsage raffiné de Prudence Rosier. Elle enduit également le vêtement de la bonne femme avec qui Prue s'entretenait précédemment, avant d'être interrompue par l'ancienne femme de son mari. Mais Ariane n'en a que faire de l'autre sorcière, tant elle est éberluée par son manque absolu de chance. Machinalement, elle essaie d'ouvrir son sac mais ses mains tremblent tant qu'elle est incapable d'enclencher le mécanisme, et d'aller chercher sa baguette. En désespoir de cause, Ariane cale son sac sous le bras et s'empare d'une serviette brodée posée sur la table sous laquelle elle s'était cachée, s'empressant de tapoter les éclats brûlants qui parsèment la poitrine de Prudence. Et finalement, Ariane se rend compte de l'endroit où elle essaie de rattraper les dégâts et s'immobilise. Elle entrouvre la bouche, observe son adversaire de ses grands yeux noirs puis le serveur qui essaie de maîtriser l'incident malheureux à grands coups de Récurvite.

L'atmosphère est étrange – malgré le brouhaha, la sphère qu'Ariane forme avec Rosier paraît étrangement silencieuse. L'attente est longue, ou lui paraît plus étirée qu'elle n'est réellement. « Je suis affreusement désolée. » sa voix est chevrotante, mal assurée. Ses prunelles s'égarent vers la porte, elle s'accorde une demi-seconde de réflexion face à la fuite dramatique qu'elle pourrait épouser, leur épargnant l'une et l'autre une discussion venimeuse. Malgré son manque de bravoure, sa lâcheté n'a pas encore atteint des sommets. Elle se contente de serrer la serviette maculée de soupe, ses ongles s'enfonçant dans la chair de sa paume, maudissant son manque de discernement. Elle qui se targue d'être exemplaire la plupart du temps semble perdre de sa maturité lorsqu'elle se doit d'affronter le regard de sa présumée Némésis.
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